Carnet de voyage - France

La chevauchée de Roland Garros

En 1910, un Comité angevin de l’Aviation lançait une idée folle : organiser une course d’aéroplanes entre Angers et Saumur, la première épreuve de ville à ville de l’histoire de l’aéronautique. Deux ans plus tard, l’Anjou organisait le premier grand prix de l’Aéro-Club de France, qui consacra Roland Garros. Christian Ravel, l’archiviste du musée de l’Air d’Angers, connaît presque toutes les histoires de cette « Chevauchée des Walkyries », comme le raconta alors Colette, l’envoyée spéciale du journal Le Matin.  

– EXTRAIT –

Un très jeune aviateur qui allait se révéler, Garros (sur Blériot) se présente aux commissaires et demande qu’on lui donne le départ. Voici que les appareils sortent des hangars où l’on conspire, où l’on hésite et où l’on complote ! Remorqué par une voiturette qui sautille sur la piste comme un perdreau, l’élégant oiseau de Garros avance. Il décolle magistralement malgré un vent accusant 20 m/s

Il décolle, monte à 100 m, redescend, ballotté comme une bouée sur mer agitée. La foule angoissée s’attend à tout instant à le voir précipité au sol. Enfin, il prend de la hauteur, s’éloigne et disparaît dans la pluie. Tous sont persuadés qu’ils ne le reverront jamais ; son engin, un Blériot-Gnôme, sera le seul de cette marque, avec celui de Legagneux, à prendre l’air. Bedel, sur Morane-Saulnier, le suit six minutes plus tard mais il joue de malchance. Son oiseau monte difficilement, se cabre, lutte, fait des embardées vers le sol et s’écrase finalement dans un champ. Fait extraordinaire, Bedel est indemne !

Maintenant, c’est Legagneux qui affronte le ciel. Avec son coéquipier Martinet, il terrifie la foule en passant au-dessus des tribunes, mais les cris de terreur se transforment en allégresse car les deux hommes partent à toute allure en direction d’Angers dont les toits miroitent sous un soleil éphémère…

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