Carnet de voyage - France

Les fantômes de la mer

Quand on se balade en bord de mer, les vers, les rimes, les ballades reviennent naturellement. L’horizon porte à la rêverie et devant tant d’immensité, on retrouve sa juste place et le peu d’importance de la plupart de nos soucis.

Au rythme des vagues, notre respiration s’adapte. Devant nous, le grand mystère de l’endroit d’où nous venons et où nous retournerons. De temps en temps, quelques bateaux échoués terminent leurs longs voyages.

Les cimetières de bateaux m’attirent car ils symbolisent, pour moi, la vie, l’aventure et le voyage.

Couchés sur le côté, réduits parfois à quelques poutres, ils demeurent remplis de cris, de chants, de paroles d’espoir ou de tristesse. Où sont-ils les marins, les chaluts, les poissons, les coups de vent et les tempêtes, mais aussi les « bons retour » ?

A Douarnenez, on aperçoit le cimetière de bateaux de l’autre côté de la rive Port Rhu. Les bateaux mouillent, bien alignés et penchés sur le côté, à l’abri sous les grands arbres.

(…)

Les bateaux sont nombreux et dans divers états : parfois une quille et quelques couples, comme un vieux squelette ; souvent toute la coque avec encore les mâts, la cabine et des éléments de portiques, de treuils et d’enrouleurs de chaluts. En face, le port-musée et plusieurs vieux et beaux bateaux bien réhabilités que l’on visite. Le cimetière est juste en face de la maison de retraite.

Pour s’y rendre, c’est un peu plus difficile, il faut se perdre dans les sous-bois et chercher un peu, au jugé. Quand on arrive enfin, la boue et la vase, les vieux clous rouillés nous tiennent à l’écart

© Carnet de voyage de Daniel Casteill à découvrir dansNuméro 29

à découvrir aussi

Le Bois-Rosé dans la tempête. ©Anita Conti - Fonds Anita Conti - Ville de Lorient

Embarquer avec Anita Conti

par Laurent Girault-Conti

Laurent Girault-Conti œuvre depuis des années pour porter la mémoire de sa mère adoptive, Anita Conti, première Française océanographe décédée en 1997 à l’âge de 98 ans. Le voilà qui embarque dans un voyage intime et fantasmé, dans l’appartement parisien de celle qui fut aussi photographe et écrivaine, ou sur les quais de Fécamp, dans les…

La poésie des petites gares

par Véronique Béné

Dans le tiers-monde du train qu’est devenu le Massif central, la dessinatrice Véronique Béné s’est laissée prendre à la poésie du rail. Pendant quatre ans, elle a glané ici ou là des images, comme autant de trésors cachés qui sont là, partout devant nos yeux. – EXTRAIT –  Yasmina Khadra écrit dans son roman Ce…