Voyage en Chine : Illustration d'enseignes dans les rues chinoises
Carnet de voyage - Chine

Mad in China

Invité par le réseau des Alliances françaises de Chine, l’artiste Lapin remplit un carnet de route, en marge des conférences et ateliers, à Beijing, Wuhan, Guangzhou, Zhengzhou, Shanghai et Hong Kong. Un mois durant, Lapin capte chaque rencontre croquée depuis son tabouret pliant, dans les rues des mégapoles de la Chine continentale et de Hong Kong.

– EXTRAIT – 

7 octobre 2016, j’arrive à Pékin lors de vacances nationales. La ville est anormalement calme, les millions d’habitants de la mégapole se sont donné rendez-vous sur la muraille de Chine qui se métamorphose pour l’occasion en une muraille humaine. Je n’irai par conséquent pas la voir.

C’est ma première visite de l’Empire du Milieu. Un mois durant, je vais parcourir le Sud-Est de la Chine à l’invitation du réseau des Alliances françaises. Je découvre le programme la veille de mon arrivée ; je vais animer conférences, ateliers et exposer à Beijing, Wuhan, Guangzhou, Zhengzhou, Shanghaï et Hong Kong. Je lis sur leur programme culturel que je passe après le duo de chanteuses Brigittes ou le dessinateur de Black Sad, Juanjo Guarnido, quel honneur !

Je découvre dès le premier jour que la sphère intime n’existe pas, certains curieux s’assoient à mes côtés pendant toute la durée d’un croquis. Les plus téméraires tentent de tourner les pages de mon carnet pendant que je dessine.

À chaque escale, j’ai demandé à rester quelques jours supplémentaires pour saisir mes impressions de chacune des villes et ainsi figer sur le papier un aperçu de ce pays-continent. Je me suis imposé de dessiner tous les jours, inlassablement, en collectionnant les vues de toutes les chambres où je séjourne, de croquer chaque moyen de transport et chacun de mes interlocuteurs lors des dîners officiels. Je goûte à chaque spécialité, le canard laqué pékinois, du poulet au ginseng, du bœuf au piment (très pimenté) avec une tsingtao, le menu préféré de Mao. J’irai même jusqu’à goûter du vin chinois, une erreur, ou de la méduse, sans grand intérêt gustatif à mon avis. Si les quelques hutongs, les quartiers traditionnels, sont fidèles à mes livres d’école, je découvre des villes ultramodernes, aux skylines vertigineuses culminant à plus de 600 mètres. Il faudrait que je regarde à quoi ressemblent les manuels scolaires d’aujourd’hui au chapitre « Chine ».

Je découvre dès le premier jour que la sphère intime n’existe pas, certains curieux s’assoient à mes côtés pendant toute la durée d’un croquis. Les plus téméraires tentent de tourner les pages de mon carnet pendant que je dessine, et plus d’une fois un zoom d’appareil photo me passe par-dessus l’épaule et m’obstrue une bonne partie de mon champ de vision. Je n’ai donc aucun scrupule à en faire de même et à m’incruster dans un cercle de joueurs de dames chinois assis au milieu d’une ruelle. Ils semblent à peine remarquer ma présence. Par habitude certainement, lorsque l’on cohabite avec quelques trente millions de voisins dans la tentaculaire ville de Pékin.

Carnet de voyage de l’artiste Lapin à découvrir dans la revue Bouts du monde Numéro 53

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