Carnet de voyage - Mexique

Mexique : promenade de santé

Le désert, la soif, la chaleur, des villes polluées et la circulation : il a fallu du courage à Nelly Guidici et sa famille pour pédaler et camper à travers le Mexique sans se soucier de la réputation parfois sulfureuse de ce pays.

– EXTRAIT –

6 décembre 2015 – Tijuana. Depuis les dernières 24 heures, il s’est passé tellement d’évènements qui font l’essence même du voyage que nous en sommes encore étourdis. Nous avons passé la frontière sans trop de difficultés. De nombreux Mexicains reviennent les bras chargés d’emplettes des centres commerciaux de San Diego, un tramway à la frontière les emmène directement en centre-ville. Alors que ce flux migratoire en direction du Mexique se fait de façon souple et détendue, j’ai du mal à croire que nous sommes à l’un des passages de frontières dits les plus dangereux au monde ! De l’autre côté du bâtiment, il y a Tijuana la mal-aimée.

Nos passeports tamponnés, nous nous engouffrons dans un monde mystérieux et, dès les premières secondes à l’extérieur, c’est un flot continu de sensations visuelles, sonores et olfactives. Ça pue littéralement, le flux des pots d’échappement réveille nos narines endormies après deux semaines passées à San Diego où il n’y a pas d’odeurs…

Mike, notre premier hôte mexicain fait la sourde oreille à nos appels téléphoniques répétés. Il commence à faire nuit, nous sommes à Tijuana, notre espagnol rouillé tarde à refaire surface. Nous nous sentons décontenancés et un peu vulnérables face à cette situation. Nous nous rabattons vers l’hôtel le plus proche. Je suis incapable d’aligner trois mots en espagnol et je me sens honteuse de devoir parler en anglais au moment de payer la chambre. Pas fameux pour une première soirée au Mexique.

Nous n’avons rien à manger ce soir, je me rends à pied dans un supermarché. La circulation automobile est dense et cahoteuse et je ne sais quand je peux traverser ou pas. Je décide de suivre les locaux, eux connaissent le code de la route qui me semble compliqué et dangereux. Au supermarché, une musique festive prend d’assaut mes tympans. Je n’arrive pas à me concentrer ni à réfléchir. La musique assourdissante de la salsa me confirme que les Etats-Unis sont derrière nous, si loin si proches. Des montagnes de cactus découpés en petits morceaux et présentés sur des étals attendent d’être consommés dans des tortillas. Un client m’adresse la parole et me dit sa déception, sourire aux lèvres : « Trop petits les oignons ! » Si si, mon espagnol timide revient petit à petit. Demain j’en suis sûre, je serai à nouveau capable de parler dans la langue de Cervantes.

Retrouvez la suite du carnet de voyage de Nelly Guidici dans Numéro 32.

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